L’UMO (Unité de Mobilisation et d’Insertion) Centre Fouque à l’honneur lors de la venue du Garde des Sceaux

Le 24 Août 2021, lors de la venue à Marseille du Garde des Sceaux, M. Dupont-Moretti, pour la mise en œuvre de la réforme de la Justice Pénale des Mineurs, une table-ronde a été organisée, en présence du Ministre et de la Directrice Nationale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, pour présenter les dispositifs de prise en charge des mineurs « sous main de justice ».

La Direction Territoriale de la PJJ nous a fait le plaisir et l’honneur de nous y convier, ce qui nous a permis de mettre en avant le travail de qualité, les professionnels et les jeunes accompagnés par notre Unité de Mobilisation et d’Orientation, rattachée au Centre Fouque et oeuvrant à remobiliser nos jeunes « décrocheurs » ou « décrochés ».

L’équipe de l’UMO, sa Coordinatrice, Karima BENAZIZA, et le Directeur Général Vincent GOMEZ-BONNET ont apprécié cette tribune et la possibilité de valoriser le travail au quotidien.

Un bel échange, une vraie reconnaissance…et un engagement à poursuivre cette dynamique complémentaire à la Protection de l’Enfance !

 

Contenu de l’intervention de V. GOMEZ-BONNET :

« L’Association Fouque est une vieille dame, certes pas autant que la Justice, mais tout de même, 128 ans… Ce sont autant d’années d’expériences en direction des plus vulnérables.

A la fin du XIXe Siècle, on parlait d’enfance « délaissée », « débile » ou « coupable ». Heureusement la sémantique a été abandonnée, mais la complexité des situations perdure. Il s’agit toujours et encore aujourd’hui de notre jeunesse en marge.

Au fil de notre expérience, activité fortement soutenue par le Conseil Départemental, la PJJ et l’ARS, dans le cadre de la Politique de Protection de l’Enfance et de prise en charge du handicap, nous avons identifié des « zones de vide », des « trous dans la raquette », concernant la prise en charge de ces jeunes, notamment en matière d’insertion scolaire et professionnelle. Cela nécessitait d’apprendre à être flexibles, à s’adapter, à fonctionner en réseau et de manière systémique autour du jeune.

C’est dans cet esprit que nous avons créé en 2017 l’Unité de Mobilisation et d’Orientation, en complémentarité de nos dispositifs financés et sous contrôle CD et ARS, pour proposer de l’accueil en journée des 16-25 ans déscolarisés/décrocheurs. De l’accueil individualisé avec un prisme très large (de l’éducation citoyenne à l’insertion professionnelle en passant par la pratique sportive, et en intégrant la notion de temporalité propre à chaque jeune. Pas toujours nécessaire d’aller « au baston » pour réveiller quand ce n’est pas possible…). Ce dispositif a accueilli en 2020 58 jeunes.

Il s’agit d’un dispositif :

  • Ambitieux, au regard des objectifs posés pour chaque jeune, et il y a, heureusement des réussites…pas toujours, mais il y en a !
  • Modeste, car la dentelle travaillée le toujours est vite déconstruite par les contextes de vie, les fréquentations ou les environnements des jeunes. J’ai en mémoire ce jeune que nous avons accueilli il y a deux ans, en alternative à l’incarcération. Il bénéficiait de droit d’hébergement chez sa mère. Il est arrivé le vendredi, est parti pour le week-end chez sa mère…et n’est jamais revenu, suite à un règlement de comptes…
  • Dynamique, car il nécessite de s’adapter en permanence à chaque jeune, de travailler en réseau, d’être agile

En conclusion, je remercie la PJJ pour la confiance accordée, et considère que le tissu associatif est une réelle force en complémentarité et en lien avec les institutions publiques dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques publiques, pour s’adapter au mieux aux besoins de notre société, en l’occurrence de notre jeunesse.

Merci »

mercredi, 06 octobre 2021 15:16